Le recensement permet, entre autres, de convoquer les juifs pour leur remettre l’étoile,

mais l’absence d’étoile permet aussi aux délateurs de dénoncer les juifs qui n’ont pas

répondu au recensement, ce dont ils ne se priveront pas, comme nous le verrons ci-après.

Le symbole juif détourné et profané en marque infâmante est qualifié « d’insigne »

par les autorités françaises qui exigent un bon de textiles par 2 insignes remis,

les familles nombreuses devront ainsi se séparer de 6 ou 8 de ces bons.

Les insignes, distribués avec parcimonie, sont l’objet d’une comptabilité et d’une surveillance

 très étroite, de manière à corroborer les données du recensement, ce dont se plaint

le sous-préfet de Saint-Dié qui doit les commander au cas par cas.

Les familles juives, dont l’interdiction de circuler limite les déplacements, sont tenues

 de porter l’étoile jaune y compris à leur domicile, et la nuit. De nombreux contrôles

sont effectués et le préfet des Vosges constate, fin juin 1942 :

 

«… On note une recrudescence très nette de l’activité des services de police allemands dans ce domaine, consécutive à la publication de la huitième ordonnance relative au port de l’insigne. Plusieurs arrestations d’israélites trouvés, même chez eux, sans porter l’insigne ont été effectuées. Des peines variant de 8 jours à six semaines de prison ont été infligées. »

 

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